Carrière·Développement personnel

Syndrome de l’imposteur ou besoin réel ? Faire une formation pour les bonnes raisons

Chronique #8 

Je m’apprête à démarrer une Certification Master 1 de plus d’un an et qui comprend environ 140h de cours. Alors forcément s’engager ou non dans une formation est un sujet que j’avais très envie d’aborder sur les Chroniques du Papillon. Il n’est jamais facile de se décider et en même temps faire une formation peut-être une solution de facilité tout en étant très engageante… Tout ceci peut paraître contradictoire, mais vous allez rapidement comprendre de quoi je parle!

Travailler son mindset avant de se former 

Syndrome de l’imposteur au rapport !

Quand on ne sait plus trop où l’on en est professionnellement ou quand on a un projet mais vraiment la trouille de se lancer, on peut avoir tendance à se “rabattre” sur des formations les unes après les autres, et ainsi repousser plus ou moins consciemment le moment où on se jettera à l’eau ; c’est-à-dire qu’on concrétisera son projet (transition professionnelle, création ou reprise d’entreprise, etc…)

C’est le fameux syndrome de l’imposteur : ce sentiment profondément ancré d’illégitimité et de difficulté à reconnaître ses capacités/réalisations, dans un ou plusieurs domaine(s). Souvent associé aux femmes, je crois que surtout dû au fait que nous exprimeront plus spontanément nos doutes, nos craintes liés à ce syndrome de l’imposteur (ou de l’autodidacte), qui touche aussi les hommes. 

Je ne doute pas que vous en ayez entendu parler maintes fois donc je ne m’étendrai pas trop sur sa définition aujourd’hui mais plutôt sur l’impact parfois très subtil qu’il peut avoir sur notre capacité à prendre des décisions. 

En effet, il est intéressant de s’interroger sur les motivations premières qui nous ont amenées à considérer la possibilité de faire une formation.

Car il faut avant toute chose s’assurer que vous n’êtes pas en train d’envisager cet investissement (de temps et d’argent) pour de mauvaises raisons. Attention, je ne suis pas en train de vous dire qu’une formation est une perte de temps ou de l’argent jeté par les fenêtres ! Au contraire même, je pense que nous sommes bien souvent TROP frileux à investir en nous-mêmes, alors qu’on peut dépenser beaucoup plus pour des items de loisir. Vous noterez d’ailleurs mon choix de mots : investir & dépenser. 

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Investir vs. Dépenser 

Pour ceux qui me découvre dans cet article, je suis, à l’heure où j’écris ces lignes, en pleine transition professionnelle : après 10 ans dans la finance, et des aléas personnels de santé qui m’ont poussée à réfléchir à la vie que je voulais vraiment mener, j’ai décidé de transformer ma carrière vers l’entrepreneuriat en devenant Coach professionnelle. Mais la décision de réaliser cette formation a été longuement mûrie (sans même parler du choix de la formation en elle-même par la suite).  

|| A lire : Les Chroniques du Papillon ||

J’ai occupé plusieurs fonctions dans la finance, toujours plus ou moins liée à l’analyse de risque et à la prise de décision. Par exemple lorsque j’étais Arbitre, l’objectif était d’arbitrer entre le degré de risque encours par rapport à la rentabilité attendue pour déterminer le seuil financier que l’on pouvait accorder.

Chassez le naturel, il revient au galop… Alors forcément avant de prendre une décision lourde de conséquences, comme celle d’investir de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros dans une formation, la casquette de finance girl s’est remise d’elle-même ! Et je souhaitais partager avec vous les automatismes qui permettent de prendre de « bons risques », comme on dirait dans le métier . 

En réalité, au risque de choquer, j’ai envie de dire, peu importe le coût de la formation en tant que tel, 50€, 15 000€, 100€, il s’agira toujours d’un investissement.

Une formation, c’est un investissement, certes en soi-même, mais qui n’en a pas moins pour objet de fournir un rendement, à un horizon que l’on se doit de déterminer. . Contrairement à une dépense dont je n’attends rien.

Comme pour une entreprise, il faut imaginer que le bénéfice attendu ne sera pas systématiquement monétaire, c’est à dire en argent. Il pourra être qualitatif, par exemple un gain de temps, de productivité, en apprenant X ou Y compétence. Ou d’amélioration de notre bien-être – ce qui en plus peut permettre d’économiser des consultations médicales, etc… 

Ainsi la première question à se poser, est de se demander quel est ce retour, ce bénéfice que j’attends de cette formation. De quel nature est ce rendement ? Est-ce que je peux le quantifier, ou est-il plutôt qualitatif ? Et quand saurais-je si je l’ai atteint ?

La seconde sera de s’interroger sur la période à laquelle on estime nécessaire d’avoir atteint ce bénéfice. Par exemple, le timing proposé par l’organisme de formation est-il en adéquation avec mes propres contraintes ? Si la formation est sur 3 ans, mais que je n’ai que l’équivalent de 18 mois mis de côté et pas de revenus complémentaire. Je me mettrai clairement en difficulté.

Adopter cet état d’esprit pragmatique est primordial. Cela ne voudra pas dire qu’on ne pourra pas se tromper, mais cela aura le mérite de nous faire nous poser les bonnes questions, détaché(e) des émotions subjectives qui nous poussent ou non à nous engager dans un nouveau projet. 

Formation : le bon next step ? 

Voici les trois paramètres à analyser pou déterminer si une formation est le bon next step.

#1 S’auto-évaluer 

Sans aller jusqu’au bilan de compétences qui est un processus à part entière, il est important d’assumer pleinement ses hard skills (savoir-faire) et softs skills (savoir-être). Par exemple en maintenant son CV à jour à chaque changement de poste, ou fin de mission/projet en se posant la question : qu’ai-je appris ? Que sais-je faire depuis que j’ai occupé ce poste, cette mission ? Et il ne faut pas avoir être timide ! Oser couvrir tous les aspects du poste, même les détails peuvent avoir leur importance.  

Exemple : j’ai eu l’opportunité non seulement de superviser une équipe de plusieurs personnes situées dans plusieurs pays, mais j’étais la seule française d’une équipe de 10 personnes, dont très peu étaient natifs anglophones (bonjour les possibles malentendus !) ==> On ajoute au CV : capacités de communication et d’adaptation interculturelle. 

#2 Le nudge : le déclencheur 

En effet, il est nécessaire d’être conscient de la genèse de la démarche, le petit coup de pouce, qui nous a dirigé(e) vers cette réflexion. Comment en êtes-vous arrivé(e) à considérer la possibilité de vous inscrire à une formation ? Selon que cela vienne de vous ou de tiers aura son importance sur votre adhésion au “pourquoi” de cette démarche, et à sa pertinence également. 

Quelques questions à se poser : 

  • Qui a amené le sujet ? Vous, vos proches, vos collègues, ou votre boss ?  
  • A quelle occasion l’opportunité de faire une formation a-t-elle été évoquée ? Evaluation annuelle ? bouche-à-oreille de collègues, amis ? Recherches personnelles ? 
  • Est-ce une possibilité qui m’enthousiasme ou que j’ai plutôt l’impression de subir ? 

#3 La learning roadmap 

On nous demande de choisir nos études et le métier que l’on veut faire alors que nous sommes encore enfant. Parfois on décidera de changer en cours d’études, parfois ce sera (bien) plus tard, ou encore les deux ! Mais il est normal et sain de s’interroger sur l’obsolescence de nos connaissances mais aussi d’aspirer à en apprendre de nouvelles, dans le même ou un nouveau domaine !  

Mais (et je ne vais pas vous surprendre), au même titre qu’un changement de job cela doit être fait avec…. Intention ! Cela signifie que l’apprentissage doit s’inscrire dans le cadre d’un plan de route de connaissances que l’on sait devoir ou souhaite acquérir. 

Ainsi, que l’on ait définit son objectif, prochain projet ; ou que l’on soit encore hésitant, c’est cet exercice de décryptage des compétences qui nous permet de décomposer les étapes pour les atteindre (le Kai Zen, vous vous rappelez ?). Et d’ailleurs, en étant plus au clair sur ce que l’un ou l’autre des objectifs possibles exige, on est souvent plus à même de choisir quelle alternative nous semble la plus appropriée si l’on est encore hésitant.  

|| A lire : Kai-Zen, de petits pas pour une plus grand confiance en soi ||

La learning roadmap c’est simple : 

  • Objectif poursuivi 
  • Quelles compétences j’ai déjà ? 
  • Lesquelles je dois acquérir ? 
  • Dont lesquelles par une formation (peu importe le format) ? 
  • A quelle échéance ? 

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En effet, notamment lorsque l’on est entre deux phases comme moi actuellement, on peut avoir tendance à prendre tout ce qui passe sous notre nez… « Ho une formation Instagram ! » ;  » tiens une formation Pinterest ! » ;  » et pourquoi pas du story-telling ?! », ou encore création de Visuels… etc. Pas un jour ne passe, sans que je reçoive des offres de formation dans ma boîte mail. Mais heureusement je sais quelle compétence je souhaite acquérir en priorité grâce à ma learning Roadmap, et je m’y tiens ! Bien sûr il faut savoir être flexible, et détecter les opportunités quand elles se présentent… Mais une opportunité n’en est qu’une que si elle nous apporte vraiment quelque chose pour nous faire aller plus loin dans notre accomplissement.

D’ailleurs pour le prochain article, j’aurais le privilège de vous présenter une personne qui a beaucoup investie dans des formations, qui se sont avérées être de vraies révélations dans son cheminement vers un plus grand alignement. Cela sera sous le format d’une interview !

Alors et vous, avez-vous déjà fait une formation ? Vous a-t-elle servie et comment ? Je serais très heureuse d’en savoir plus sur votre expérience en commentaire ou sur Instragram  !!  

12 commentaires sur “Syndrome de l’imposteur ou besoin réel ? Faire une formation pour les bonnes raisons

  1. J’ai fait pas mal de formation durant ma carrière. Ce que j’appréciais. : profiter d’une dynamique qui m’a fait sortir de la routine et surtout lors de baisse d’estime de moi. Comme toi je savais quelles compétences je voulais acquérir ou approfondir. Article très intéressant.

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    1. Merci pour ta contribution très instructive ! A juste titre parfois on n’a pas tout à fait confiance en sa capacité à mener un projet ou un sujet, et cela peut clairement être résolu par de la formation, ou parfois parfois des job swap avec des collègues, pleins de solutions qui apportent en plus du neuf au quotidien !! Mais le plus important tu le dis très bien : tu étais au clair sur les compétences que tu visais par ces actions 🙂 à bientôt !

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  2. La formation et la légitimité, ça me parle tout ça. En tant que coach blogging, je me dis qu’une formation SEO peut être top, et après arrive les oui mais. Que le SEO, pourquoi pas du marketing en plus, mais si je fais le marketing est-ce que je suis légitime, et bla bla bla. Et puis je me dis fait comme tu le sens, se poser 10 000 questions ne fait pas avancer.

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    1. Yasmine je vois tellement de quoi tu parles ! Quand j’ai débuté dans le blogging, totalement novice, je ne savais plus où donner de la tête et il y avait des propositions de formation partout ! Finalement c’était surtout car je n’étais pas du tout sûre de ma légitimité, et derrière pas claire sur les compétences que je souhaitais maîtriser, leur priorité, et ce qui m’intéressais moins et que je délèguerai ou acheterai par exemple. Merci pour ton commentaire! 🙂

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  3. Hello Farah, j’aime beaucoup ton article. Le syndrôme de l’imposteur on l’a vu partout mais je trouve ton approche assez différente car en voir l’impact peut en effet nous éviter des déconvenues. J’ai aussi eu une période où je me disais que telle ou telle formation serait nécessaire pour réussir dans mon projet sauf qu’en fait je ne visais pas les bonnes compétences. Je pensais ne pas être légitime alors que je connais bien mon métier, je ne fais pas une reconversion mais j’ouvre ma propre entreprise cela n’est clairement pas la même chose. J’ai encore du mal à investir à cause justement de la profusion d’offres et du fait que je ne vois pas comment quantifié la qualité de ces formations.

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    1. Elise merci infiniment pour tes mots ! En effet, reconversion, création d’entreprise, promotion… toutes les raisons sont bonnes pour ne pas se sentir à la hauteur !!! Mais il faut clairement distinguer les raisons concrètes, les compétences qui nous manquent que ce soit technique (le métier) ou plus subjectif telle que la posture du créateur d’entreprise vs. le cadre vs. le manager. Clairement niveau formation il y a vraiment à boire et à manger… je dirais que pour tester la qualité d’une formation aujourd’hui il faut voir quel est vraiment le niveau de suivi, d’accompagnement mis en place par le formateur (même pour des formations pré-enregistrées en ligne), et dans la mesure du possible j’essaie de contacter personnellement des personnes qui ont déjà suivi la formation pour tâter le terrain (notamment quand ce sont des programmes coûteux, je dirais alors que c’est absolument indispensables!). En revanche je n’achèterai plus de formation « réseaux sociaux » toutes faites par exemple, car la valeur ajoutée est vraiment trop imperceptible à mes yeux par rapport aux infos déjà existantes gratuitement. Mais ce n’est que mon avis !

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  4. J’ai toujours pensé que le meilleurs investissement que l’on puisse faire est sur soi même. Mais avant tou cela il faut se débarrasser de ces affreux doutes qui nous rongent quant à notre capacité ou non de pouvoir voir le résultats aboutir. Il y a là indéniablement un travail de confiance sur soi à faire…je tente maintenant de me dire que je ne suis pas plus nulle qu’une autre. Merci pour cet article

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    1. Annabelle je te rejoins tout à fait, parfois des formations vont vraiment nous rebooster en termes de confiance quand il ne s’agit « que » de compétences concrètes je dirais ; mais effectivement il faut vraiment les distinguer de ces doutes, cette inquiétude de ne pas être « assez », qui se travaillent aussi mais différemment 😉 Merci pour ta contribution ! 🙂

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  5. Bonsoir Farah,

    Je me reconnais beaucoup dans cet article. Comme tu l’as dit, on doit s’orienter parfois trop jeune dans un métier, sans savoir vraiment ce qu’on veut faire… et plus moyen d’en sortir par la suite !
    Du coup, l’entreprenariat est une alternative pour tenter de faire un travail qu’on aime et/ou améliorer ses conditions de vie.

    En tous cas, c’est un risque que j’ai décidé de prendre aussi. Mais c’est vrai que ce n’est pas évident au début, on doute beaucoup de soi. On doit un peu tester par soi-même pour voir ce qui fonctionne ou pas, cela prend beaucoup de temps et d’énergie (et on est seul(e) parfois) face aux problèmes.

    Moi aussi, au début, j’étais un peu réticente à l’idée de dépenser de l’argent. Maintenant, je le vois comme un gain de temps et un passage nécessaire. Moi, j’ai investi en formation de marketing pour faire connaître mon blog.

    Il faut prendre le temps de bien la choisir, pour le résultat que cela va apporter concrètement. Comme tu l’as dit dans ton article, il faut se poser, et faire le bilan de soi et de ce qu’on veut avant tout (moi aussi, je suis tentée de tout faire, du coup c’était très chronophage, avant que j’essaie de limiter mes objectifs). Et aussi, je trouve que la personnalité du formateur compte beaucoup. On voit rapidement si on est sur la même longueur d’onde, et si la personne est à l’écoute.

    En tous cas, c’est un bon article 🙂 Bon courage pour la suite !

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    1. Magali je tiens à te remercier d’avoir pris le temps de cette contribution si instructive !
      On se sent bien souvent enfermée dans le stricte champs de ses compétences en effet, et il faut arriver à faire la gymnastique mentale de les transposer à d’autres champs d’application pour réaliser l’étendue de ce que l’on est capable de faire. Un mix entre le plafond de verre et le syndrome de l’imposteur ; le plafond de l’imposteur ?!
      Plus sérieusement, je te rejoins absolument sur les atomes crochus (ou non) avec les formateurs ; et aujourd’hui je n’hésite plus à contacter, demander et redemander et challenger aussi, avant de m’engager. Egalement de contacter d’autres participants dès que c’est possible est une manière intéressante de connaître le retour d’expérience en fonction du profil de la personne. J’ai déjà pu échanger avec des personnes très contentes d’une formation, mais finalement parce que nos attentes différaient, ce n’était pas forcément mon cas (ou inversement).
      Comme pour tout aujourd’hui, la valeur ajoutée de l’Humain est ce qui fait vraiment la différence.
      A bientôt !

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    1. Lauriane ma réponse n’était pas partie je ne sais pas ce qui s’est passé. Merci infiniment pour ton retour nous sommes vraiment dans une approche commune. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire votre article sur le syndrome de la bonne élève, d’autant que je suis maman de 2 petites filles et que le déterminisme par le genre est un sujet qui me tient particulièrement à coeur! A bientôt 🙂

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